On savait déjà que fumer pendant la grossesse était une mauvaise idée pour le bébé à venir. Mais des travaux vont plus loin, et c’est franchement troublant : le tabagisme d’un père, voire d’un grand-père, pourrait augmenter le risque d’asthme chez des enfants pas encore nés au moment où l’homme fumait. En clair, les conséquences sauteraient une, parfois deux générations.
L’explication tient à l’épigénétique. Le tabac n’abîme pas seulement les poumons du fumeur, il laisse aussi des marques chimiques sur son ADN, et notamment sur les cellules qui produisent les spermatozoïdes. Ces marques ne changent pas le code génétique lui-même, mais la façon dont certains gènes s’expriment. Et une partie de ces réglages peut se transmettre à la descendance, sans que l’enfant ait jamais croisé la moindre cigarette.
Le moment où l’homme a fumé semble compter énormément. Les études pointent surtout le tabagisme avant la puberté, à l’adolescence, c’est-à-dire pile au moment où se forment les futures cellules reproductrices. Un garçon qui commence à fumer jeune ne joue donc pas seulement avec sa propre santé : il pourrait, sans le savoir, peser sur celle de ses futurs enfants. De quoi donner un argument de poids contre le tabagisme précoce.
Concrètement, les chercheurs observent un risque accru d’asthme non allergique chez les enfants dont le père a fumé tôt. Le surrisque n’est pas énorme à l’échelle d’un individu, mais il devient significatif à l’échelle d’une population, surtout quand on sait combien d’ados ont touché à la cigarette par le passé.
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Il faut garder la mesure. Avoir un père ancien fumeur ne condamne évidemment pas un enfant à devenir asthmatique. L’asthme reste une maladie multifactorielle, où la pollution, les allergènes, les infections et le terrain génétique pèsent aussi très lourd. Cette histoire de transmission est un facteur parmi d’autres, pas une fatalité.
Ce que ces travaux changent surtout, c’est notre façon de voir le tabac. On le range volontiers dans la case des risques personnels, comme si fumer ne concernait que celui qui tient la cigarette. Or l’épigénétique suggère que les dégâts peuvent voyager bien plus loin, dans le temps et dans la famille.
La conclusion pratique est plutôt simple. Plus on retarde l’entrée dans le tabagisme, mieux c’est, et pas seulement pour soi. Et pour les parents qui fument encore, c’est un argument de plus pour arrêter, sachant qu’il n’est jamais trop tard pour limiter la casse, à commencer par celle qu’on respire à la maison.
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