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Alcool et tabac : près de quatre cancers sur dix seraient évitables

Une analyse de l’Organisation mondiale de la Santé remet les pendules à l’heure sur un sujet qu’on préfère souvent éviter. Selon ce travail, près de quatre cancers sur dix pourraient être évités en agissant sur des facteurs liés à notre mode de vie. Et deux noms reviennent en tête de liste : le tabac et l’alcool.

Le tabac reste de loin le premier facteur de risque évitable. On le sait pour le cancer du poumon, mais il est aussi en cause dans bien d’autres localisations : gorge, bouche, vessie, pancréas, oesophage. L’alcool, lui, est parfois sous-estimé dans son rôle. Pourtant, sa consommation régulière est associée à plusieurs cancers, notamment ceux des voies aérodigestives, du foie, du côlon et du sein. Le message des spécialistes est sobre mais clair : il n’existe pas de niveau de consommation d’alcool sans aucun risque. Moins on en boit, mieux c’est.

Ce qu’il faut retenir, c’est l’ordre de grandeur. Quand on parle de quatre cancers sur dix potentiellement évitables, cela ne veut pas dire qu’on peut tout maîtriser : l’âge, l’hérédité et le hasard jouent aussi, et personne ne décide d’attraper un cancer. Mais cela signifie qu’une part importante des cas est liée à des comportements sur lesquels on a une prise. Réduire le tabac et l’alcool, c’est agir sur deux des leviers les plus solides dont on dispose à l’échelle d’une population.

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Le souci, c’est que l’alcool bénéficie d’une image bien plus indulgente que la cigarette. Le verre de vin est culturel, festif, presque recommandé dans certains discours d’autrefois. Les données récentes ont largement nuancé l’idée d’un alcool « bon pour le coeur » à petites doses. Aujourd’hui, les autorités sanitaires recommandent plutôt de limiter sa consommation et de multiplier les jours sans alcool dans la semaine.

Pas question ici de faire la morale. Réduire ne veut pas dire tout arrêter du jour au lendemain, et chacun avance à son rythme. Mais il y a des gestes simples : se fixer des journées sans alcool, alterner avec de l’eau quand on boit, ne pas garder de bouteille ouverte sous les yeux, repérer les moments où l’on boit par habitude plutôt que par envie. Pour le tabac, l’arrêt reste le geste de prévention le plus efficace qui soit, et il n’est jamais trop tard pour s’y mettre, avec un accompagnement si besoin.

L’intérêt de ce type d’étude, c’est qu’il déculpabilise autant qu’il alerte. Une partie du risque nous échappe, soit. Mais une autre partie dépend de choix répétés, jour après jour. Et sur ce terrain-là, chaque verre en moins et chaque cigarette évitée comptent. Si la démarche d’arrêter l’alcool vous trotte dans la tête, en parler à votre médecin est souvent le meilleur point de départ.

Crédit photo : DR

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