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Face au cancer, hommes et femmes ne sont pas logés à la même enseigne

On a tendance à penser le cancer comme une maladie qui frappe au hasard, sans distinction. C’est en partie vrai sur le plan biologique, beaucoup moins quand on regarde tout ce qui entoure la maladie. De la prévention à l’après, en passant par la prise en charge, hommes et femmes ne vivent pas le cancer de la même façon. Et ces écarts méritent qu’on les nomme.

Le premier déséquilibre est presque invisible : celui des aidants. Quand un proche tombe malade, c’est très majoritairement une femme qui s’occupe de lui au quotidien, conjointe, fille, mère ou sœur. Ce rôle d’accompagnement, épuisant et chronophage, repose en grande partie sur les épaules féminines, souvent au prix de leur propre carrière, de leur santé et de leurs revenus. Un travail gratuit et silencieux, rarement reconnu à sa juste valeur.

Côté facteurs de risque, les choses bougent et pas dans le bon sens. Des cancers longtemps plus masculins, comme le cancer du poumon, progressent fortement chez les femmes, conséquence de l’évolution du tabagisme féminin sur plusieurs décennies. L’exposition à certains risques professionnels ou environnementaux est elle aussi étudiée différemment selon le sexe, parfois moins bien documentée chez les femmes.

Il y a aussi la question des moyens et de l’attention. Historiquement, la recherche médicale a longtemps été pensée à partir du corps masculin, ce qui a pu retarder la compréhension de certaines spécificités féminines. Des symptômes ressentis différemment, des douleurs parfois moins prises au sérieux, un retard au diagnostic : ces biais existent et commencent seulement à être corrigés.

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L’impact économique du cancer pèse différemment, lui aussi. Les femmes touchées par la maladie subissent fréquemment une perte de revenus plus marquée et un retour à l’emploi plus difficile. Les conséquences sur l’image de soi, sur la vie intime et sur le couple, varient également selon le genre, avec des tabous propres à chacun qui compliquent la parole et l’accompagnement.

Tout cela ne veut pas dire que les hommes sont épargnés, loin de là. Ils consultent souvent plus tard, négligent davantage les signes d’alerte et restent en retrait des dispositifs de prévention. Là aussi, des normes sociales, cette fameuse virilité qui pousse à serrer les dents, coûtent cher en matière de santé. Les inégalités jouent donc dans les deux sens.

Le vrai enjeu, c’est de regarder le cancer non plus seulement comme un problème de cellules, mais comme un fait social traversé par ces écarts. Mieux les comprendre, c’est pouvoir agir : adapter la prévention, soutenir les aidantes, corriger les biais de la recherche et du soin. Parce qu’à maladie égale, chacun devrait avoir les mêmes chances, avant, pendant et après.

Crédit photo : DR

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