Voilà le genre de chiffre qui fait réfléchir. D’après une vaste étude internationale, près de la moitié des décès par cancer dans le monde seraient liés à des facteurs de risque que l’on peut, au moins en partie, modifier. Et en tête de liste, on retrouve les suspects habituels : le tabac et l’alcool.
Le constat est sans appel pour le tabac, qui reste de très loin le premier facteur de risque évitable. Cigarette, mais aussi exposition à la fumée des autres, il pèse sur bien plus que le cancer du poumon : gorge, bouche, œsophage, vessie, pancréas, la liste est longue. L’alcool, lui, est souvent sous-estimé. Beaucoup de gens ignorent qu’il est directement impliqué dans plusieurs cancers, du sein au côlon en passant par le foie, et qu’il n’existe pas vraiment de seuil sans risque.
Le plus frappant, c’est l’effet cumulé. Tabac et alcool consommés ensemble ne s’additionnent pas, ils se multiplient : le risque de certains cancers des voies aérodigestives explose chez ceux qui combinent les deux. Ce qui veut dire, à l’inverse, qu’agir sur ces deux fronts à la fois fait baisser le risque de façon spectaculaire.
Derrière ces deux-là, d’autres facteurs reviennent souvent : le surpoids, une alimentation déséquilibrée, le manque d’activité physique, certaines infections et la pollution. Aucun n’est une fatalité absolue, et c’est tout l’intérêt de ce type d’étude : montrer qu’une part importante des cancers n’est pas le fruit du hasard ni d’une malchance génétique, mais bien liée à des comportements et à un environnement sur lesquels on peut agir, individuellement et collectivement.
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Attention quand même au contresens. Dire qu’une moitié des cancers est liée à des facteurs évitables ne signifie pas que les malades sont responsables de leur maladie. L’autre moitié échappe largement à notre contrôle, et même chez les personnes les plus prudentes, un cancer peut survenir. Il s’agit de probabilités à l’échelle d’une population, pas de jugements individuels.
Ce que ces données changent, c’est surtout la place de la prévention. On a longtemps mis le paquet sur le dépistage et les traitements, à juste titre. Mais réduire le tabac et l’alcool dans la population, c’est agir bien en amont, avant même que la maladie n’apparaisse. À l’échelle d’un pays, les politiques publiques sur le prix du tabac, l’information sur l’alcool ou l’accompagnement au sevrage ont un impact mesurable.
À l’échelle individuelle, le message est plutôt encourageant. Chaque cigarette en moins, chaque verre en moins compte vraiment, et il n’est jamais trop tard pour réduire la note. Le corps, lui, sait remarquablement bien réparer quand on lui en laisse l’occasion.
Crédit photo : DR


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