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Cancer du poumon : l’ARN messager change de cible et vise les tumeurs

La technologie qui a fait connaître les vaccins contre le Covid revient sur le devant de la scène, mais cette fois pour s’attaquer à un tout autre ennemi. Un vaccin baptisé BNT116, développé par le laboratoire allemand BioNTech, est testé contre le cancer du poumon. Et l’idée derrière est franchement maligne.

Petit rappel d’abord. Le cancer du poumon non à petites cellules représente la grande majorité des cas, entre 80 et 85 %. C’est aussi l’un des cancers les plus meurtriers, souvent détecté tard, quand les options de traitement se réduisent. Autant dire qu’une nouvelle piste sérieuse, ça compte.

Le principe du BNT116 reprend exactement la recette de l’ARN messager. On injecte des brins d’ARNm qui donnent à vos cellules une sorte de mode d’emploi. Elles se mettent alors à fabriquer six protéines bien précises, des marqueurs que l’on retrouve à la surface des cellules cancéreuses du poumon.

Pourquoi faire ça ? Pour montrer ces marqueurs à votre système immunitaire. En clair, on lui apprend à reconnaître l’intrus et à aller le détruire, sans toucher aux cellules saines. C’est de l’immunothérapie ciblée, sur mesure ou presque.

L’essai clinique, lui, est encore au tout début. On parle d’une phase 1, lancée dans 34 centres de recherche répartis sur sept pays, dont les États-Unis et plusieurs pays européens. Environ 130 patients y participent.

Et là, il faut être honnête avec vous. Une phase 1, ça ne sert pas à mesurer combien d’années de vie le vaccin fait gagner. Ça sert d’abord à vérifier que le produit est sûr, à repérer les effets indésirables et à trouver la bonne dose. Les vraies réponses sur l’espérance de vie viendront des phases 2 et 3, qui prendront encore des années.

Donc oui, prudence. On voit passer beaucoup de titres qui promettent une révolution médicale immédiate, et ce n’est pas tout à fait ça. Ce qui est vrai, c’est que la démarche est nouvelle et que les chercheurs y croient suffisamment pour la déployer dans autant de centres.

Ce qui rend la chose intéressante, c’est aussi la souplesse de l’ARN messager. La même plateforme qui a permis de produire des vaccins anti-Covid en un temps record peut être réorientée vers d’autres maladies. Le cancer du poumon n’est qu’un terrain d’essai parmi d’autres pistes en cours dans le monde.

Reste à voir si les résultats suivront en conditions réelles. Beaucoup de candidats prometteurs en phase 1 finissent par décevoir plus loin dans le parcours. Mais quand on parle d’un cancer aussi difficile à soigner, chaque piste mérite qu’on la suive de près.

On garde donc un œil dessus, sans s’emballer. L’espoir est réel, le calendrier beaucoup plus long qu’on ne le voudrait.

Crédit photo : DR

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