C’est ce fruit un peu intimidant qu’on croise sur les étals de fin d’été, avec sa peau épaisse rose, orange ou jaune. La figue de Barbarie, c’est le fruit du figuier de Barbarie, un grand cactus qui pousse autour de la Méditerranée et en Afrique du Nord. La chair est douce, légèrement sucrée, parsemée de petites graines croquantes, et elle vaut vraiment le détour une fois qu’on a appris à l’ouvrir.
Côté intérêt, c’est un fruit léger. À peine une quarantaine de calories aux cent grammes, mais près de quatre grammes de fibres, de quoi aider le transit en douceur. Vous y trouvez aussi une bonne dose de vitamine C, une quinzaine de milligrammes aux cent grammes, qui soutient les défenses naturelles. Sa jolie couleur vient de pigments, les bétalaïnes, les mêmes que dans la betterave, connus pour leur effet antioxydant. Rien de miraculeux, mais un bon fruit de saison, désaltérant et pas lourd du tout.
Maintenant, le piège, et il est sérieux. Même les figues vendues « sans épines » en gardent de minuscules, qu’on appelle des glochides. Ce sont des aiguillons quasi invisibles, groupés en petits bouquets sur la peau, qui se détachent au moindre contact et se plantent dans les doigts, les lèvres ou la langue. Et une fois logés, ils grattent longtemps. Donc on ne touche jamais le fruit à mains nues : gants épais, ou on le pique avec une fourchette.
Pas de figues fraîches sous la main ? On en retrouve le goût en confiture, comme celle-ci venue de Sicile :
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Pour l’ouvrir, c’est simple une fois le coup pris. Vous maintenez le fruit avec une fourchette, vous coupez les deux extrémités, puis vous fendez la peau sur toute la longueur. La chair se détache alors d’un bloc, et vous la mangez à la cuillère comme un kiwi. Si les graines vous gênent, passez la pulpe au mixeur puis au chinois pour en faire un jus, avec un trait de citron vert.
Deux détails à savoir. Les petites graines sont dures, alors mieux vaut les avaler sans les croquer à pleines dents. Et à cause des pigments, le fruit peut colorer un peu les urines le lendemain : c’est sans gravité. Si vous avez l’intestin fragile, allez-y progressivement, les fibres sont efficaces. Pour le reste, c’est un plaisir de fin de saison trop souvent boudé juste parce qu’il pique.
Crédit photo : Illustration générée par IA

