C’est l’une de ces tendances qui circulent en boucle sur les réseaux sociaux : avaler chaque matin une bonne rasade d’huile d’olive, parfois un verre entier, pour prendre soin de son cœur. L’idée séduit parce qu’elle a l’air simple et qu’elle s’appuie sur une vraie réputation. L’huile d’olive vierge extra est l’un des piliers du régime méditerranéen, associé depuis des décennies à une meilleure santé cardiovasculaire. Sauf que passer d’un filet sur une salade à un verre cul sec, ça change pas mal de choses, et plusieurs cardiologues commencent à tempérer l’enthousiasme.
Le premier souci, c’est tout bête : les calories. L’huile d’olive reste une matière grasse pure, autour de 90 calories par cuillère à soupe. En boire un verre, c’est ajouter facilement 700 à 800 calories à sa journée sans rien manger de plus. Sur la durée, ça peut favoriser une prise de poids qui va à l’encontre du bénéfice recherché. On oublie souvent que ce n’est pas l’huile d’olive en soi qui protège, mais la façon dont elle s’intègre dans une alimentation globale riche en légumes, en poisson, en légumineuses et pauvre en produits ultra-transformés.
Avalée seule et en grande quantité, l’huile peut aussi provoquer des désagréments digestifs : nausées, lourdeurs, parfois un effet laxatif marqué. Rien de dramatique pour la plupart des gens, mais rien d’agréable non plus, et certainement pas le geste santé miracle vendu dans les vidéos.
Pour profiter de ses qualités au quotidien dans vos plats plutôt qu’à la cuillère, une bonne vierge extra extraite à froid fait toute la différence :
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Les médecins rappellent surtout un point de bon sens : aucun aliment ne nettoie les artères ni ne compense une hygiène de vie déséquilibrée. L’huile d’olive a de réels atouts grâce à ses acides gras mono-insaturés et ses polyphénols, mais elle agit comme un ingrédient parmi d’autres, pas comme un médicament qu’on prendrait à la cuillère. La quantité raisonnable évoquée par les nutritionnistes tourne plutôt autour de deux à quatre cuillères à soupe par jour, réparties dans les plats.
Le vrai message derrière cette mode, c’est qu’on cherche toujours le raccourci. Boire son huile le matin donne l’impression d’agir pour sa santé, c’est rassurant et ça se filme bien. Mais l’effet recherché vient d’un mode de vie d’ensemble : bouger, varier son assiette, limiter le sucre et l’alcool, dormir correctement. Cuisiner une belle huile d’olive de qualité reste une excellente habitude. La boire au goulot, beaucoup moins.
Si vous voulez profiter de ses qualités, le plus simple est de choisir une bonne vierge extra et de l’utiliser au quotidien sur vos légumes, vos poissons ou vos plats mijotés. Comme toujours, en cas de doute sur votre santé cardiovasculaire ou votre alimentation, le mieux reste d’en parler à votre médecin.
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