La première fois qu’on tient un salak dans la main, on hésite à mordre dedans. La peau brun-rouge est couverte de petites écailles luisantes, exactement comme celle d’un serpent, d’où son surnom de fruit serpent. C’est un fruit d’Indonésie, très courant à Java et à Bali, qui pousse en grappes serrées au pied d’un palmier épineux. Et sous cette armure un peu inquiétante se cache une chair crème, ferme, qui croque comme une pomme et sent bon l’ananas.
On l’ouvre en pinçant le bout, comme un œuf, et l’écorce se fend d’un coup. À l’intérieur, la chair se divise en deux ou trois quartiers, chacun avec un gros noyau brun qu’on ne mange pas. Le goût est étonnant : acidulé, un peu sucré, avec des notes de banane et parfois une pointe astringente qui serre légèrement la bouche.
Cette astringence, c’est important de la comprendre, parce qu’elle vient des tanins, les mêmes molécules que dans un thé trop infusé. Un salak pas assez mûr en contient beaucoup et vous laisse la langue râpeuse. Un salak bien mûr, lui, est beaucoup plus doux. Le conseil est donc simple : attendez qu’il soit vraiment à point avant de croquer.
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Côté nutrition, rien de miraculeux mais du solide. Comptez environ 80 calories pour cent grammes, un peu de vitamine C, du potassium et pas mal de fibres. Le potassium participe à l’équilibre de la tension quand l’alimentation est trop salée, et les fibres aident le transit. On lui prête depuis toujours, en Asie du Sud-Est, une réputation de fruit un peu constipant si on en abuse, à cause justement des tanins. En pratique, mangé mûr et sans excès, il fait plutôt l’inverse. Comme souvent, tout est question de quantité.
Où en trouver ? En France, le salak frais reste rare, surtout dans les épiceries asiatiques bien fournies. On le croise plus facilement séché, en petits morceaux sucrés qui ressemblent à des chips de fruit. C’est bon, mais forcément plus sucré et plus calorique que le frais, donc à picorer avec modération.
Si vous tombez dessus sur un étal, franchement, tentez le coup. C’est le genre de fruit qui surprend tout le monde à table, et c’est toujours plus rigolo qu’une énième pomme. En cas de doute sur un aliment nouveau, notamment si vous avez l’estomac sensible, demandez conseil à un professionnel de santé.
Crédit photo : Illustration générée par IA

