La mirabelle, c’est le fruit le plus pressé de l’été. Elle arrive vers la mi-août, elle repart vers la mi-septembre, et entre les deux vous avez à peine six semaines pour en profiter fraîche. Passé ce créneau, retour aux bocaux, aux confitures et à la fameuse eau-de-vie. Autant dire qu’en ce moment, c’est maintenant ou dans un an.
Cette petite bille jaune orangé pèse une dizaine de grammes à tout casser, et l’essentiel de ce qui se vend dans le monde pousse en Lorraine. La région en récolte plusieurs milliers de tonnes chaque année, et la Mirabelle de Lorraine a même été, en 1996, le tout premier fruit français à décrocher une indication géographique protégée. Trente ans cette année. Pas mal pour un fruit qu’on croise surtout au marché du coin.
Côté assiette, la mirabelle joue la carte de la douceur. Comptez environ 77 calories pour 100 grammes, ce qui la place un cran au-dessus de la pomme ou de la pêche : elle est plutôt sucrée, donc, sans être un piège pour autant. En échange vous récupérez des fibres, de la vitamine C, un peu de potassium, et surtout ces pigments orangés (les caroténoïdes) qui donnent sa couleur au fruit et que le corps sait transformer en vitamine A. Rien de miraculeux, mais un vrai petit plein de bonnes choses quand la saison le permet.
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Le truc, c’est de bien la choisir. Une mirabelle mûre est souple sous le doigt, un peu tachée de roux, presque poisseuse. Trop ferme et toute jaune, elle a été cueillie trop tôt et restera acide, parce que ce fruit-là ne mûrit quasiment plus une fois détaché de l’arbre. Sauf que voilà, à pleine maturité elle ne se garde que deux ou trois jours. Le mieux, c’est de l’acheter en petite quantité et de la manger vite.
Après, tout est permis. Nature, en poignée devant la télé, c’est déjà très bien. En tarte, forcément. Mais elle passe aussi très bien en salé, à côté d’un magret ou d’un fromage de caractère, et sa légère acidité réveille le plat. Autre bon point : le noyau se détache tout seul, ce qui la rend bien plus pratique à cuisiner qu’une prune classique.
Bref, profitez-en tant qu’elles sont là. Dans un mois, il sera trop tard.
Crédit photo : Illustration générée par IA

