Vous avez sûrement une crème ou une huile de visage qui affiche du squalane dans sa liste d’ingrédients. C’est aujourd’hui l’un des actifs hydratants les plus courants, et pourtant peu de gens savent d’où il sort vraiment.
Commençons par une confusion classique. Squalane et squalène, ça ne s’écrit pas pareil et ce n’est pas la même chose. Le squalène, votre peau le fabrique déjà toute seule : c’est un composant naturel du sébum, ce film gras qui protège l’épiderme. Le souci, c’est qu’il est instable. Ses doubles liaisons chimiques réagissent avec l’oxygène de l’air, il s’oxyde, il rancit. Pas terrible pour un produit qu’on garde des mois dans la salle de bains.
D’où l’astuce des laboratoires : on prend du squalène et on l’hydrogène, c’est-à-dire qu’on sature sa molécule. On obtient le squalane, qui a exactement les mêmes affinités avec la peau mais qui, lui, tient dans le temps sans s’abîmer. Une lettre de différence, un monde d’écart côté conservation.
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Reste la question de l’origine, et là il y a une vraie histoire. Pendant longtemps, le squalane était extrait du foie de requin, où la molécule est très concentrée. Autant dire une catastrophe pour ces animaux déjà malmenés. À partir des années 1980, les fabricants sont passés à des sources végétales. Aujourd’hui l’essentiel du squalane cosmétique vient des résidus de l’huile d’olive ou de la canne à sucre. Pour cette dernière, on fait fermenter le sucre par des levures avant plusieurs étapes de transformation. On en tire aussi du blé, de la betterave ou de l’amarante.
Sur la peau, l’intérêt est simple. Le squalane ressemble tellement à nos lipides naturels qu’il s’intègre sans forcer, hydrate en profondeur et aide à réparer la barrière cutanée. Sa texture est sèche, elle pénètre vite. Et surtout il est non comédogène : il ne bouche pas les pores, ce qui le rend fréquentable même pour les peaux grasses ou sujettes aux imperfections, alors que beaucoup d’huiles se font recaler dans ce cas.
Un conseil quand même. Si vous cherchez une version respectueuse des requins, vérifiez la mention végétale ou « shark-free » sur l’étiquette, elles ne le sont pas toutes. Et comme pour tout nouveau soin, un test dans le pli du coude avant de l’étaler sur le visage évite les mauvaises surprises. En cas de réaction ou de doute, l’avis d’un dermatologue reste la meilleure boussole.
Crédit photo : Illustration générée par IA

