La fessée n’est plus légale en France depuis 2019, mais le débat sur ses effets persiste. Des études accumulées depuis des années pointent toutes dans la même direction : les punitions corporelles laissent des traces durables sur la santé mentale des enfants.
Les enfants qui ont reçu des fessées régulièrement ont deux fois plus de risque de développer une maladie mentale. C’est l’un des chiffres que les chercheurs répètent depuis des années, et il revient constamment dans la littérature scientifique.
Ce qui se passe dans le cerveau est maintenant mieux compris. Les violences éducatives ordinaires, même perçues comme bénignes par les adultes qui les infligent, perturbent les réseaux de neurones en développement. L’enfant apprend à surveiller ses erreurs avec une intensité disproportionnée et à moins apprécier les récompenses. Ce terrain est particulièrement propice à la dépression.
À l’adolescence, les effets deviennent encore plus visibles. Les jeunes ayant subi des châtiments corporels sont plus enclins à l’anxiété, à la tristesse persistante, et présentent des risques accrus de consommation d’alcool ou de substances.
L’OMS est claire sur le sujet : les punitions corporelles sont associées à une détérioration de la santé mentale, à des troubles du comportement, et à un sentiment de désespoir. Ces tendances sont robustes et cohérentes d’une étude à l’autre.
Ce qui rend le phénomène difficile à combattre, c’est l’héritage culturel. Beaucoup de parents ont eux-mêmes reçu des fessées et ont grandi sans que cela leur paraisse anormal. Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais d’informer.
Des alternatives existent et elles sont efficaces. La discipline positive, notamment, permet de gérer les comportements difficiles sans recourir à la douleur ni à l’humiliation, tout en posant des limites claires et cohérentes.
Les données scientifiques sont là depuis longtemps. Ce qui manque, c’est l’accompagnement des familles pour passer d’un modèle éducatif hérité à des pratiques mieux adaptées à ce qu’on sait du développement de l’enfant.
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