C’était une promesse qui faisait espérer beaucoup de monde, et elle s’est concrétisée. Le vitiligo, cette maladie auto-immune qui provoque une dépigmentation progressive de la peau par plaques, touche entre 0,5 et 1% de la population mondiale. Longtemps, les patients n’avaient à leur disposition que des solutions partielles. Les choses ont changé avec l’arrivée d’un vrai traitement repigmentant.
Cette crème porte le nom d’Opzelura, du laboratoire Incyte. Elle agit en favorisant le retour de la pigmentation sur les zones touchées. Les résultats des études cliniques sont encourageants : chez environ un tiers des patients, on observe une repigmentation totale du visage au bout d’un an de traitement. L’efficacité a été évaluée sur plus de 600 patients, et le traitement peut être prescrit dès l’âge de 12 ans. En cas de rechute, il est possible de refaire une cure.
Le CHU de Nice, et notamment le professeur Thierry Passeron, chef du service de dermatologie, avait beaucoup communiqué sur ce traitement et espérait son autorisation rapide. C’est désormais chose faite. Un arrêté de janvier 2024 a autorisé la vente et la prise en charge d’Opzelura en France, faisant d’elle le premier médicament contre le vitiligo remboursé dans le pays.
La prise en charge s’est faite en deux temps. Dans un premier temps, le traitement n’était délivrable qu’en pharmacie hospitalière, avec un remboursement intégral pour les adultes et les adolescents de plus de 12 ans concernés par un vitiligo non segmentaire avec atteinte du visage. Depuis l’été 2024, la crème est disponible dans les pharmacies de ville classiques, avec un remboursement à 65%, le reste étant en principe couvert par la complémentaire santé.
Les zones dépigmentées craignent le soleil : une protection visage haute SPF est un réflexe utile au quotidien.
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Concrètement, cela veut dire qu’un patient atteint de vitiligo peut aujourd’hui se voir prescrire ce traitement par un dermatologue et se le procurer beaucoup plus facilement qu’avant. C’est une avancée réelle pour des personnes qui vivent souvent mal le regard des autres sur ces taches dépigmentées.
Une précision importante quand même. Le traitement ne convient pas à toutes les formes de vitiligo ni à tous les patients, et c’est au dermatologue d’évaluer s’il est indiqué. La patience est aussi de mise, puisque les résultats demandent plusieurs mois. Mais pour beaucoup, l’arrivée d’une option remboursée est déjà une excellente nouvelle.
En parallèle, la protection solaire reste essentielle : les zones dépigmentées sont plus fragiles face au soleil, et une crème haute protection au quotidien fait partie des bons réflexes.
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