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Aphasie : comprendre ce trouble qui prive des mots

Le grand public a découvert le mot en apprenant que l’acteur Bruce Willis devait mettre sa carrière entre parenthèses à cause d’une aphasie. Derrière ce terme un peu technique se cache une réalité éprouvante : perdre, en partie ou en totalité, la capacité de parler, de comprendre, de lire ou d’écrire. Un trouble bien plus courant qu’on ne l’imagine.

L’aphasie n’est pas une maladie en soi, mais la conséquence d’une atteinte des zones du cerveau dédiées au langage. La cause la plus fréquente, c’est l’accident vasculaire cérébral, l’AVC, quand une partie du cerveau est privée d’oxygène. Mais d’autres situations peuvent la provoquer : un traumatisme crânien, une tumeur, ou certaines maladies neurodégénératives qui abîment progressivement ces régions. Dans ce dernier cas, l’aphasie s’installe lentement plutôt que d’un coup.

Le point crucial à comprendre, c’est que l’aphasie ne touche ni l’intelligence ni la mémoire des choses elles-mêmes. La personne sait parfaitement ce qu’elle veut dire, elle reconnaît les objets et les gens. Ce qui coince, c’est le pont entre la pensée et les mots. C’est ce qui rend ce trouble si frustrant : tout est là, à l’intérieur, mais le langage ne suit plus. On imagine le sentiment d’être enfermé derrière une vitre.

Les formes varient beaucoup. Certaines personnes cherchent leurs mots, en disent un pour un autre, construisent des phrases hachées. D’autres parlent avec fluidité mais d’une façon qui n’a plus de sens, ou ne comprennent plus ce qu’on leur dit. Lecture et écriture sont souvent touchées elles aussi. Tout dépend de la zone du cerveau atteinte et de l’étendue des dégâts.

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La bonne nouvelle, c’est qu’on peut agir. La rééducation, principalement avec un orthophoniste, est au cœur de la prise en charge. Selon l’origine du trouble, et notamment après un AVC, le cerveau garde une capacité d’adaptation qui permet souvent de regagner du terrain, parfois beaucoup. Plus la rééducation démarre tôt et plus elle est régulière, meilleures sont les chances de récupération.

L’entourage joue un rôle énorme, souvent sous-estimé. Quelques réflexes facilitent la communication : parler lentement, faire des phrases courtes, laisser le temps de répondre sans finir les phrases à la place de la personne, s’aider de gestes, d’images ou de l’écrit. Surtout, ne jamais traiter l’adulte concerné comme un enfant, ce qui blesse autant que ça n’aide.

Au-delà du cas d’une célébrité, l’aphasie concerne de nombreuses familles, souvent dans le silence. En parler, c’est mieux comprendre ce que vivent ces personnes, et rappeler une chose essentielle : derrière les mots qui manquent, il y a toujours quelqu’un de pleinement présent, qui mérite patience et considération.

Crédit photo : DR

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