Une femme de 46 ans pense traverser les premiers signes de la préménopause. Bouffées de chaleur, fatigue, essoufflement, malaise diffus. En réalité, elle fait un infarctus. Ce genre de méprise n’a rien d’anecdotique, et il révèle un vrai angle mort de la santé des femmes.
Le problème vient du fait que, chez la femme, la crise cardiaque ne ressemble pas toujours à l’image qu’on en a. La fameuse douleur violente dans la poitrine qui irradie dans le bras gauche, c’est le tableau typique masculin. Chez beaucoup de femmes, les signes sont plus diffus, plus discrets, et on les qualifie d’atypiques.
Et c’est précisément là que la confusion s’installe. Plusieurs symptômes d’infarctus féminin ressemblent à s’y méprendre à ceux de la périménopause. Les bouffées de chaleur en font partie, alors qu’elles sont aussi un grand classique des bouleversements hormonaux de cette période. L’essoufflement inhabituel peut lui aussi être mis sur le compte de l’âge ou de la forme du moment. Quant à la fatigue intense, surtout lors d’efforts pourtant légers du quotidien, elle passe trop souvent pour une simple baisse d’énergie.
Le tableau peut s’élargir à d’autres signes trompeurs : une douleur à l’épaule, au dos ou à l’estomac, des troubles digestifs, des sueurs, une sensation d’angoisse inexpliquée. Pris séparément, chacun semble banal. C’est leur survenue brutale et inhabituelle qui doit alerter.
Cette difficulté à reconnaître l’infarctus féminin a des conséquences lourdes. Parce qu’elles minimisent leurs symptômes, ou parce que ceux-ci sont mal identifiés, y compris parfois par les soignants, les femmes consultent souvent trop tard. Or en cas de crise cardiaque, chaque minute compte pour limiter les dégâts sur le muscle du cœur.
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Que faut-il retenir concrètement ? D’abord, qu’il ne faut pas tout attribuer automatiquement aux hormones quand on approche de la ménopause. Une fatigue qui sort de l’ordinaire, un essoufflement nouveau à l’effort, un malaise inhabituel doivent être pris au sérieux, surtout s’ils s’installent brutalement.
Ensuite, certains facteurs augmentent le risque cardiovasculaire et invitent à une vigilance accrue : le tabac, l’hypertension, le diabète, un taux de cholestérol élevé, des antécédents familiaux. La baisse des œstrogènes au moment de la ménopause réduit d’ailleurs une protection naturelle dont bénéficiaient les femmes plus jeunes.
Le message le plus important reste simple. En cas de doute, devant des symptômes brutaux et inhabituels, on n’attend pas et on ne minimise pas : on appelle le Samu au 15, ou le 112. Mieux vaut une alerte pour rien qu’un infarctus pris en charge trop tard.
Connaître ces signes atypiques, c’est déjà se donner une chance de réagir à temps. Et ça, ça peut littéralement sauver une vie.
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