Imaginez une crème pâtissière qui aurait poussé sur un arbre. C’est à peu près ça, la chérimole, aussi appelée cherimoya ou anone. Un fruit vert pâle à la peau écailleuse, originaire des Andes, avec une chair blanche si fondante et si douce qu’elle se mange à la cuillère comme un yaourt. Le goût ? Quelque part entre la banane, l’ananas et la fraise, avec une pointe de poire. Mark Twain, qui n’était pas du genre à s’extasier pour rien, le tenait pour le fruit le plus délicieux qu’il connaisse.
Bon, derrière la gourmandise, il y a de quoi faire. Pour 100 grammes, comptez environ 12 à 13 milligrammes de vitamine C, soit un coup de pouce réel pour vos défenses, et près de 3 grammes de fibres, ce qui aide à caler le transit et à tenir jusqu’au repas suivant. Ajoutez du potassium et un peu de magnésium, deux minéraux qui participent à la régulation de la tension et au bon fonctionnement des muscles. Rien de magique là-dedans, juste un fruit dense et nourrissant, riche en antioxydants qui donnent un coup de main contre le stress oxydatif du quotidien.
Sauf que voilà. La chérimole cache un piège, et il faut le connaître avant de planter la cuillère. Les pépins noirs et durs, gros comme des haricots, sont toxiques. Ils renferment de l’annonacine, une molécule neurotoxique qu’on trouve dans toute la famille des anones. Tant que vous les avalez entiers par accident, sans rien casser, le risque reste faible. Mais il ne faut jamais les croquer, les broyer ni les réduire en poudre. On les retire, on les recrache, point final. Par précaution, les personnes enceintes et les jeunes enfants gagnent à rester prudents avec ce genre de fruit exotique.
Envie de tenter l’aventure jusqu’au bout ? On en trouve rarement chez le primeur, alors autant faire pousser son propre arbre :
Chérimolier (Annona cherimola), plant d’environ 150 cm → voir sur Amazon
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Pour la déguster, rien de plus simple. On la choisit souple sous le doigt, un peu comme un avocat mûr, on la coupe en deux et on récupère la chair à la petite cuillère en écartant les pépins au fur et à mesure. Fraîche, presque glacée après un passage au frigo, elle est bluffante. Vous pouvez aussi la mixer dans un smoothie ou l’écraser sur une tartine.
Un dernier mot quand même : comme tout ce qui est très sucré et nourrissant, on y va avec mesure, et en cas de doute sur une interaction avec un traitement, un avis de votre médecin ne coûte rien.
Crédit photo : Illustration générée par IA

