La blette, c’est deux légumes en un. La grande feuille verte d’un côté, la côte blanche et charnue de l’autre, et les deux se mangent. Sauf que voilà, si vous les jetez ensemble dans la même casserole, l’un finit en bouillie pendant que l’autre reste dur.
La feuille se comporte comme un épinard. Deux à trois minutes dans l’eau bouillante et c’est plié. La côte, elle, est beaucoup plus ferme, il lui faut plutôt sept à dix minutes pour devenir tendre. D’où l’astuce toute bête : on sépare les deux, on lance les côtes en premier, on ajoute les feuilles à la fin. Beaucoup de gens balancent carrément les côtes à la poubelle, et c’est dommage. C’est la partie la plus originale, quelque part entre le céleri et le poireau une fois cuite.
Côté nutrition, la blette joue dans la catégorie des légumes qui pèsent lourd sans faire grossir. Une vingtaine de calories aux cent grammes, autant dire rien. Et pourtant elle apporte du magnésium, du potassium, du fer, un peu de vitamine C et une belle dose de vitamine A. C’est un de ces légumes verts qu’on gagne à remettre dans l’assiette quand on a l’impression de manger toujours la même chose.
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Il y a quand même deux points de vigilance. D’abord la vitamine K, dont la blette est bourrée. Pour la plupart des gens, aucun souci, au contraire. Mais si vous prenez un traitement anticoagulant, ces apports peuvent gêner l’action de votre médicament, et là c’est vraiment le genre de sujet à évoquer avec votre médecin plutôt qu’avec un article de blog.
Ensuite les oxalates, très présents surtout dans les feuilles. Chez la majorité des gens ça ne pose aucun problème. Par contre, si vous êtes sujet aux calculs rénaux, mieux vaut ne pas en abuser et alterner avec d’autres légumes.
Pour le reste, c’est un légume facile et vraiment pas cher, qui se prête aussi bien à une simple poêlée d’ail qu’à un gratin. Un bon rinçage suffit, on retire éventuellement les fils les plus coriaces des côtes comme on le ferait avec une branche de céleri, et voilà. Pour un légume qu’on croise surtout sur les étals sans trop savoir quoi en faire, il mérite mieux que l’oubli.
Crédit photo : Illustration générée par IA

