On aime se dire qu’une envie de gras ou de sucre, ça passe. En réalité, notre cerveau n’oublie pas grand-chose, et c’est bien là le problème.
Dès la première bouchée d’un aliment riche en gras ou en sucre, certaines zones du cerveau se mettent au travail. L’hippocampe, en particulier, enregistre non seulement le goût, mais aussi les émotions ressenties à ce moment-là.
Ces souvenirs sensoriels ne restent pas sagement rangés dans un coin. Ils ressortent plus tard et orientent nos choix, parfois même quand on n’a pas faim du tout.
Des travaux récents publiés dans la revue Nature Metabolism montrent comment ces circuits neuronaux, une fois activés, déclenchent des envies tenaces. Le cerveau garde une trace, et il s’en sert comme référence dès qu’un stimulus ressemble de près ou de loin à l’aliment en question.
Les produits ultra-transformés sont les pires de la bande. Comme ils combinent souvent sucre et gras, ils allument plusieurs circuits de récompense en même temps. La dopamine grimpe d’un cran, et l’aliment devient d’autant plus difficile à refuser.
Pour comprendre ce qui se cache derrière ces produits qui piègent le cerveau :
Halte aux aliments ultra-transformés (A. Fardet) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Le détail qui fait un peu froid dans le dos, c’est qu’une seule exposition suffirait à former un souvenir alimentaire durable. Autrement dit, il n’en faut pas beaucoup pour installer le réflexe.
Heureusement, rien n’est gravé dans le marbre. Le cerveau peut aussi désapprendre. Les thérapies cognitives et les techniques d’exposition aident à défaire petit à petit ce lien entre souvenir et pulsion.
Du côté des traitements, certaines pistes médicamenteuses se montrent prometteuses. Les agonistes du GLP-1, par exemple, semblent réduire la réponse de récompense face à ces aliments.
Reste que le quotidien ne facilite pas les choses. Entre le stress, le manque de temps et l’abondance d’options bien trop caloriques, garder le cap demande de l’énergie. Et c’est justement quand on est fatigué ou stressé que ces souvenirs ressortent.
Comprendre que nos envies ont souvent une racine neurologique, et pas seulement émotionnelle, change un peu la donne. On arrête de se flageller à chaque écart, et on commence à voir le mécanisme pour ce qu’il est. C’est sans doute la première marche pour reprendre la main sur ses choix.
Crédit photo : DR

