Pendant des années, on a regardé l’œuf de travers. Trop de cholestérol, disait-on, mauvais pour le cœur, à rationner sévèrement. Sauf que la science a sérieusement nuancé ce procès. Pour la plupart d’entre nous, l’œuf est même un excellent aliment du quotidien.
Commençons par ce qu’il contient. Un œuf moyen apporte environ 6 à 7 grammes de protéines, et pas n’importe lesquelles : des protéines dites complètes, c’est-à-dire qui réunissent tous les acides aminés essentiels dont votre corps a besoin et qu’il ne sait pas fabriquer seul. C’est rare dans un aliment aussi simple et aussi peu coûteux.
Le jaune, lui, concentre la plupart des bonnes choses : de la vitamine B12, de la vitamine D, de la choline (utile au cerveau) et des pigments comme la lutéine, intéressants pour les yeux. Le blanc, de son côté, est surtout protéiné et ne contient pas de cholestérol.
Justement, parlons-en, du cholestérol. Oui, le jaune en contient. Mais le cholestérol que vous mangez n’est pas celui qui finit dans vos artères de façon mécanique. Plusieurs grandes études ont montré que, chez une personne en bonne santé, manger des œufs n’augmente pas franchement le mauvais cholestérol sanguin (le fameux LDL) ni le risque cardiovasculaire. Le coupable, c’est davantage l’excès de graisses saturées et le mode de vie global.
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Concrètement, combien en manger ? Pour une personne en bonne santé, un œuf par jour ne pose pas de problème, et beaucoup de spécialistes considèrent même que deux peuvent passer sans souci. La situation change si vous avez du cholestérol élevé, du diabète ou un risque cardiovasculaire connu : là, mieux vaut rester mesuré, autour de trois à quatre œufs par semaine, et en parler à votre médecin.
La cuisson compte aussi, et pas qu’un peu. Un œuf à la coque, poché ou dur reste léger. Le même œuf noyé dans le beurre, accompagné de bacon et de pain frit, c’est une autre histoire : ce n’est plus l’œuf le problème, c’est tout le reste de l’assiette.
Dernier point pratique : surveillez la fraîcheur et la cuisson pour les plus fragiles (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées), chez qui un œuf bien cuit est préférable. Pour le reste, vous pouvez relâcher la pression. L’œuf n’est pas l’ennemi qu’on a longtemps décrit.
Crédit photo : Illustration générée par IA

