Une brûlure, ça arrive en quelques secondes. Le bon réflexe, lui, doit être automatique. Problème : beaucoup de gens appliquent encore des remèdes qui aggravent la situation, souvent avec les meilleures intentions du monde.
Premier geste, et de loin le plus important : faire couler de l’eau tempérée sur la brûlure. Pas froide, pas glacée, tempérée, entre 15 et 25 degrés. Pendant au moins dix minutes, idéalement vingt. Ce geste stoppe la propagation de la chaleur dans les tissus, réduit la douleur et limite les lésions en profondeur. C’est le seul traitement de première intention qui fasse vraiment une différence.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est mettre de la glace. Beaucoup de personnes le font instinctivement, en se disant que plus c’est froid, mieux c’est. C’est faux. La glace provoque une vasoconstriction qui aggrave les dommages tissulaires et peut transformer une brûlure superficielle en une lésion plus profonde.
Même logique pour le beurre, l’huile, la farine ou n’importe quelle autre substance grasse que la tradition populaire recommande encore. Ces corps gras emprisonnent la chaleur au lieu de l’évacuer, favorisent les infections et compliquent considérablement le travail des soignants. A éviter absolument.
Les cloques, elles, ne doivent pas être percées. Aussi tentant que ce soit, elles jouent le rôle de pansement naturel. Elles protègent la peau à vif contre les bactéries et maintiennent un environnement humide qui favorise la cicatrisation. Les percer augmente le risque d’infection de façon significative.
Si des vêtements sont en contact avec la brûlure, ne les retirez pas s’ils sont collés à la peau. Vous risqueriez d’arracher la peau avec. Découpez autour si nécessaire, mais laissez ce qui adhère en place.
Quand faut-il consulter en urgence ? Dès que la brûlure dépasse la taille d’une paume de main, dès qu’elle touche le visage, les mains, les pieds, les articulations ou les parties génitales, ou dès qu’elle semble profonde, blanche ou indolore (ce qui signifie que les terminaisons nerveuses sont atteintes). Les brûlures chimiques ou électriques nécessitent toujours une prise en charge médicale, sans exception.
Pour les petites brûlures domestiques, après refroidissement à l’eau, un pansement non adhérent suffit généralement. Les antiseptiques agressifs et le coton hydrophile sont à proscrire : le coton colle à la plaie et complique les soins.
La bonne nouvelle, c’est que les gestes efficaces sont simples. De l’eau tempérée, du temps, et pas d’improvisation avec ce qu’on a sous la main.
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