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S’ennuyer fait du bien : pourquoi il faut réapprendre à ne rien faire

On le fuit comme la peste. Dès qu’un creux apparaît dans la journée, file d’attente, transport, salle d’attente, la main plonge vers le téléphone. L’ennui est devenu l’ennemi public numéro un, ce vide qu’on remplit aussitôt. Pourtant, les chercheurs en psychologie sont plutôt d’accord sur un point qui dérange : s’ennuyer, de temps en temps, c’est franchement bon pour la santé mentale.

Le mécanisme est fascinant. Quand l’esprit n’est plus accaparé par une tâche ou un écran, il ne s’arrête pas, il vagabonde. Ce vagabondage mental, ce mode où l’on laisse les pensées partir dans tous les sens, est justement le terrain de jeu de la créativité. Beaucoup de bonnes idées surgissent sous la douche ou en marchant sans but, précisément parce que le cerveau, désœuvré, se met à connecter des choses entre elles.

L’ennui joue aussi un rôle de boussole. Ce léger inconfort qu’on ressent quand on s’ennuie pousse à chercher du sens, à se demander ce dont on a vraiment envie. Chez les enfants, c’est encore plus net : un enfant qui s’ennuie finit par inventer un jeu, une histoire, une activité. En le sur-occupant en permanence, on le prive de cette précieuse capacité à s’autonomiser et à puiser dans sa propre imagination.

Le problème, c’est qu’on a quasiment éradiqué l’ennui de nos vies. Le moindre instant de battement est immédiatement comblé par une notification, une vidéo, un fil à faire défiler. On ne laisse plus jamais le cerveau tourner à vide. Or cette stimulation permanente fatigue l’attention, fragmente la concentration et empêche ces moments de repos mental dont l’esprit a besoin pour se régénérer.

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Réhabiliter l’ennui ne veut pas dire passer ses journées à fixer le mur. Il s’agit plutôt de s’autoriser des plages sans rien, sans écran ni objectif. Faire la vaisselle sans podcast, marcher sans musique, regarder par la fenêtre du train au lieu de scroller, rester quelques minutes à ne rien faire sans culpabiliser. Au début, c’est inconfortable, presque pénible. C’est normal, on a perdu l’habitude.

Et puis quelque chose se débloque. Passé le premier moment de gêne, l’esprit s’apaise, les idées remontent, on retrouve une forme de présence à soi qu’on avait oubliée. Beaucoup décrivent un sentiment de calme, et parfois la résolution d’un problème sur lequel on butait, justement parce qu’on a arrêté d’y penser frontalement.

Au fond, s’ennuyer, c’est offrir une pause à un cerveau saturé de sollicitations. Dans un monde qui nous veut occupés en permanence, choisir de ne rien faire devient presque un acte de résistance. Et un excellent réflexe santé. Alors la prochaine fois que vous attendez sans rien à faire, laissez le téléphone dans la poche, et voyez où vos pensées vous emmènent.

Crédit photo : DR

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1 commentaire

  1. […] Oui, s’ennuyer est bon pour la santé ! […]

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