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Le cannabis accélérerait le vieillissement du corps

On présente souvent le cannabis comme une drogue plutôt douce, presque inoffensive à côté du tabac ou de l’alcool. Des travaux scientifiques viennent nuancer sérieusement cette image : fumer du cannabis de façon régulière accélérerait le vieillissement de l’organisme. Pas seulement les poumons, mais le corps dans son ensemble.

Pour mesurer ce vieillissement, les chercheurs ne se contentent pas de regarder l’âge sur la carte d’identité. Ils s’intéressent à l’âge biologique, c’est-à-dire l’état réel des cellules, qui peut être plus jeune ou plus vieux que l’âge civil. Et chez les consommateurs réguliers, cet âge biologique tend à dépasser l’âge réel. En clair, le corps s’userait plus vite que prévu.

Plusieurs mécanismes sont avancés. La fumée de cannabis, comme toute combustion, génère des substances toxiques et un stress oxydatif qui abîme les cellules au fil du temps. Le mode de consommation joue aussi : fumé en joint, souvent mélangé au tabac, le cannabis cumule ses propres effets avec ceux de la cigarette, un cocktail particulièrement défavorable pour les poumons et le cœur.

Au-delà du vieillissement cellulaire, les effets d’une consommation régulière sont de mieux en mieux documentés. Sur le plan respiratoire, on retrouve toux chronique, bronchites à répétition et essoufflement. Sur le plan cardiovasculaire, le cannabis accélère le rythme cardiaque et peut majorer certains risques, surtout chez les personnes déjà fragiles. Et sur le cerveau, une consommation précoce et fréquente est associée à des effets sur la mémoire, la concentration et la santé mentale.

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Un point mérite d’être souligné, celui de l’âge. Le cerveau continue de se développer jusqu’au début de l’âge adulte, ce qui rend la consommation à l’adolescence particulièrement délicate. C’est la période où les effets sur l’apprentissage, la motivation et le risque de troubles psychiques semblent les plus marqués. Commencer jeune n’a rien d’anodin.

Tout cela ne vise pas à diaboliser ni à culpabiliser, mais à remettre les pendules à l’heure. L’idée d’un cannabis totalement sans danger, longtemps répandue, ne résiste pas aux données accumulées. Comme pour beaucoup de substances, c’est la régularité et la précocité de la consommation qui pèsent le plus lourd dans la balance.

La bonne nouvelle, c’est que le corps récupère souvent une fois la consommation arrêtée ou réduite. Le souffle revient, le cœur se calme, et le vieillissement accéléré n’a rien d’une fatalité gravée dans le marbre. Pour celles et ceux qui veulent lever le pied mais peinent à y arriver seuls, en parler à un professionnel ou à une structure spécialisée reste la meilleure porte d’entrée, sans jugement.

Crédit photo : DR

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