Et si un examen de routine, celui que des millions de femmes passent déjà pour le col de l’utérus, permettait un jour de voir venir d’autres cancers bien avant qu’ils ne se déclarent ? C’est la promesse d’un test baptisé WID, sur lequel planchent des chercheurs autrichiens de l’université d’Innsbruck, dans la lignée de travaux menés à l’University College de Londres.
Le principe est plutôt malin. Plutôt que de chercher la tumeur elle-même, le test analyse les empreintes épigénétiques des cellules récupérées lors d’un frottis cervical. En clair, il traque les petites modifications chimiques qui s’accrochent à l’ADN et qui trahissent un risque, parfois des années avant l’apparition de la maladie. D’après les chercheurs, on parle de cancers du col de l’utérus, du sein, des ovaires et du corps de l’utérus, repérables jusqu’à quatre ans avant le diagnostic habituel.
Les premiers chiffres sont encourageants. Le test identifierait plus de 76 % des femmes à risque de cancer du sein, et près des deux tiers de celles concernées par un cancer de l’ovaire. Pour ce dernier, c’est loin d’être anecdotique : c’est l’un des cancers les plus silencieux, souvent détecté trop tard, faute d’examen de dépistage fiable et systématique.
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L’intérêt, au fond, c’est de gagner du temps. Repérer un risque très en amont, c’est éviter à des milliers de femmes des biopsies douloureuses ou des traitements lourds décidés dans l’urgence. Et comme la technique s’appuie sur un prélèvement déjà pratiqué en routine, elle pourrait s’intégrer assez naturellement dans le parcours de dépistage existant, sans ajouter un examen de plus.
Reste à garder la tête froide. Pour l’instant, on parle de recherche et de résultats prometteurs, pas d’un test déployé chez votre gynécologue. Identifier un risque n’est pas poser un diagnostic, et il faudra confirmer ces performances sur de très grandes cohortes avant d’imaginer un dépistage généralisé. La marge entre une signature à risque et un cancer qui se déclare vraiment reste à mieux cerner, pour éviter les fausses alertes et l’anxiété qui va avec.
L’idée d’un dépistage unique couvrant plusieurs cancers féminins à partir d’un seul prélèvement a tout de même de quoi marquer les esprits. Si les prochaines études confirment la tendance, ce genre d’outil pourrait changer la façon dont on anticipe ces maladies, en passant d’une logique de réaction à une logique de prévention. On surveillera la suite de près.
Crédit photo : DR


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