Environ une femme sur quatre a un utérus rétroversé, et la plupart l’ignorent toute leur vie. Pas de panique : ce n’est ni une maladie, ni un problème de fertilité. C’est juste une variation tout à fait normale de l’anatomie, qui mérite qu’on s’y arrête deux minutes pour comprendre de quoi il s’agit.
Dans la configuration la plus courante, l’utérus est dit antéversé. Il penche vers l’avant et repose tranquillement sur la vessie. Chez environ un quart des femmes, c’est l’inverse : l’utérus bascule vers l’arrière, en direction du rectum. On parle alors d’utérus rétroversé.
Cette position peut être présente dès la naissance, sans aucune cause particulière. Elle peut aussi apparaître après un accouchement, qui modifie un peu la disposition des organes du bassin. Dans les deux cas, il n’y a rien d’anormal là-dedans.
La plupart du temps, cette particularité passe complètement inaperçue. L’utérus fait son travail sans envoyer le moindre signal, et beaucoup de femmes ne découvrent leur rétroversion qu’au hasard d’une échographie ou d’un examen gynécologique.
Chez certaines, en revanche, cette inclinaison peut s’accompagner de quelques désagréments. Pendant les règles, la position vers l’arrière accentue parfois les douleurs et les crampes, ce que les médecins appellent dysménorrhée. Autre gêne possible : des douleurs profondes lors des rapports sexuels, un trouble nommé dyspareunie, lié à l’angle de l’utérus.
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Avant d’aller plus loin, balayons une idée reçue tenace. Non, un utérus rétroversé ne rend pas stérile. La fertilité n’est pas affectée par cette position, et de très nombreuses femmes rétroversées mènent des grossesses tout à fait normales.
Quand des douleurs apparaissent, plusieurs pistes existent. La première, simple, consiste à ajuster les positions lors des rapports pour limiter la gêne. Si l’inconfort persiste, il peut être lié à une autre cause, comme l’endométriose, qu’un médecin saura identifier. Dans ce cas, un traitement hormonal adapté est parfois proposé pour réduire l’inflammation et calmer les cycles.
Dans de très rares situations, et seulement quand rien d’autre ne fonctionne, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour repositionner l’utérus. Mais cela reste vraiment exceptionnel.
Le plus surprenant, c’est à quel point cette particularité reste méconnue alors qu’elle concerne tant de femmes. Mieux la comprendre permet de relativiser, d’adapter ses habitudes si besoin et, le cas échéant, d’en parler sereinement avec son ou sa partenaire.
En cas de doute ou de douleurs gênantes, le bon réflexe reste toujours le même : en parler à son médecin ou à sa sage-femme, qui pourra poser un vrai diagnostic. Et vous, connaissiez-vous cette spécificité ?

