Quand on pense à la maladie de Parkinson, on imagine surtout les tremblements. Pourtant, la maladie commence souvent à bas bruit, des années avant que ces tremblements n’apparaissent. Des travaux de recherche pointent justement deux signes précoces qui pourraient aider à la repérer plus tôt, à un stade où elle reste discrète.
Pourquoi est-ce si important ? Parce qu’au moment où les premiers symptômes moteurs deviennent visibles, une bonne partie des neurones concernés sont déjà endommagés. Repérer la maladie en amont, avant les tremblements, c’est un enjeu majeur pour la recherche : cela ouvrirait la voie à une prise en charge plus précoce et, espère-t-on, à des traitements capables de freiner la progression au lieu de seulement en atténuer les effets.
Parmi les signaux qui attirent l’attention des chercheurs, deux reviennent souvent. Les troubles du sommeil paradoxal, d’abord. Certaines personnes vivent leurs rêves de façon agitée, parlent, crient ou font de grands gestes en dormant, comme si elles agissaient leurs songes. Ce trouble particulier est de plus en plus considéré comme un marqueur précoce possible, parfois des années avant le reste.
La perte de l’odorat, ensuite. Beaucoup de patients rapportent, après coup, qu’ils avaient remarqué une diminution progressive de leur capacité à sentir les odeurs bien avant le diagnostic. Une altération de l’odorat n’a évidemment rien d’inquiétant en soi, mais associée à d’autres signes, elle entre dans le tableau que les chercheurs apprennent à mieux lire.
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À cela s’ajoutent d’autres manifestations discrètes souvent décrites en amont : une constipation tenace, une fatigue inhabituelle, une certaine raideur, une écriture qui se tasse et devient plus petite, ou des troubles de l’humeur. Pris isolément, aucun de ces signes ne signifie quoi que ce soit. C’est leur association, et leur évolution, qui peut éveiller l’attention d’un médecin.
Il faut d’ailleurs marteler ce point pour éviter toute panique. Avoir un sommeil agité ou un odorat en baisse ne veut absolument pas dire qu’on développe la maladie. Ces signes sont fréquents et ont, dans l’immense majorité des cas, des causes totalement banales. L’idée n’est surtout pas de s’autodiagnostiquer, mais de mieux comprendre comment la maladie s’installe.
L’intérêt de ces recherches est ailleurs : mieux on connaît ces signaux précoces, plus on pourra, à l’avenir, identifier les personnes à risque et les inclure tôt dans des essais de traitements. C’est là que se joue l’espoir d’une vraie avancée. En attendant, le message reste simple : devant des symptômes inhabituels et persistants, c’est au médecin d’évaluer, pas à un article de conclure.
Crédit photo : DR


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