Le paprika, c’est juste des piments rouges séchés puis réduits en poudre. Rien de sorcier. Sauf que cette poudre orangée cache une petite histoire scientifique que peu de gens connaissent, et elle a valu un prix Nobel.
Années 1930, à Szeged en Hongrie. Albert Szent-Györgyi cherche à isoler en quantité une molécule qu’il vient de repérer, l’acide ascorbique, ce qu’on appelle aujourd’hui la vitamine C. Le problème, c’est qu’il lui faut une source qui en déborde. Un soir, sa femme lui sert du paprika au dîner. Plutôt que de le manger, il l’emporte au labo. Bingo : le paprika en regorge, et il finit par en extraire des kilos entiers. Nobel de médecine en 1937. Le magazine Time avait résumé ça d’une formule : le « prix du paprika ».
Bon, soyons clairs tout de suite. Vous n’allez pas couvrir vos besoins en vitamine C avec du paprika, personne n’en avale de pleines cuillères. La saupoudrée qui atterrit sur vos oeufs ou dans un plat mijoté, c’est quelques grammes, pas de quoi jouer les agrumes.
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Là où il devient intéressant, c’est ailleurs. Le paprika est bourré de caroténoïdes, ces pigments qui lui donnent sa couleur : bêta-carotène, capsanthine, lutéine, zéaxanthine. Le bêta-carotène, le corps le transforme en vitamine A, et une petite dose de paprika couvre déjà une bonne part de vos besoins quotidiens. La lutéine et la zéaxanthine, elles, s’accumulent dans la rétine et sont associées à une meilleure santé des yeux sur le long terme. On y trouve aussi un peu de vitamine E et de vitamine B6.
Côté cuisine, un réflexe change tout : ajoutez-le en fin de cuisson, ou hors du feu. Les épices en poudre brûlent vite, et un paprika cramé vire à l’amer en quelques secondes, ce serait dommage de gâcher le plat. Gardez le pot à l’abri de la lumière aussi, sinon il perd sa couleur et son parfum en quelques mois.
Et puis il y en a pour tous les goûts : le doux pour colorer sans piquer, le fumé qui parfume les plats mijotés, le fort pour ceux qui aiment que ça réveille. Un condiment, pas un remède miracle, mais qui fait du bien à l’assiette. En cas de doute sur votre alimentation, un professionnel de santé reste le mieux placé pour vous conseiller.
Crédit photo : Illustration générée par IA

