Main et avant-bras en kimono de judo blanc claquant un tatami vert pendant une chute contrôlée
sport

Avant de projeter quiconque, un judoka passe des semaines à apprendre à tomber

On imagine le judo comme une histoire de projections spectaculaires, d’adversaires qui volent par-dessus une hanche. Sauf que voilà, la toute première chose qu’on vous apprend sur le tatami, ce n’est pas d’envoyer l’autre au sol. C’est de tomber vous-même sans vous faire mal. Ça s’appelle l’ukemi, littéralement l’art de recevoir la chute, et un débutant y passe ses premières séances entières, à répéter le mouvement des dizaines de fois avant même de toucher un partenaire.

Le principe est simple à comprendre. Quand vous chutez, vous répartissez le choc : vous claquez le sol avec le bras et la main pour amortir, vous arrondissez le dos, vous rentrez le menton pour ne pas cogner la tête. Tout part au sol de façon contrôlée, au lieu de partir dans un poignet ou une hanche. C’est exactement le réflexe qui manque le jour où on rate une marche ou où on glisse sous la pluie.

Et c’est là que ça devient intéressant, bien au-delà du club. En France, on compte autour de 400 000 chutes accidentelles par an chez les personnes âgées, et une bonne partie finit en fracture, souvent au col du fémur. Savoir amortir change tout. Plusieurs clubs et fédérations proposent d’ailleurs des ateliers « chute » pensés pour les seniors, où l’on ne combat pas : on réapprend juste à tomber proprement, et surtout à ne plus avoir peur du sol.

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Le judo, c’est aussi un vrai sport complet. Comptez facilement 500 à 600 calories sur une séance d’une heure bien menée, jambes, dos, ceinture abdominale, tout travaille. On y gagne de l’équilibre, des réflexes, une meilleure conscience de son corps dans l’espace. Et comme ça se pratique à deux, il y a le côté social qui aide à s’y tenir sur la durée, ce qui n’est pas rien quand on connaît le taux d’abandon des salles de sport.

Deux précautions quand même. Le judo reste un sport de contact, avec des torsions et des tractions : si vous avez le dos ou les épaules fragiles, ou si vous reprenez le sport après une longue pause, un avis médical avant de vous inscrire n’a rien de superflu. Et on commence en douceur, dans un club encadré, jamais en s’improvisant des projections dans son salon.

Bref, on croit apprendre à faire tomber les autres. On apprend d’abord à ne plus se blesser soi-même.

Crédit photo : Illustration générée par IA

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