On connaît l’endométriose pour ses douleurs et son impact sur la fertilité. On parle beaucoup moins d’un autre versant, plus discret mais important : son lien avec la santé cardiovasculaire. Plusieurs études convergent désormais pour dire que cette maladie gynécologique très fréquente est associée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus.
Petit rappel d’abord. L’endométriose se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse de l’utérus en dehors de celui-ci, sur les ovaires, les trompes ou d’autres organes. Ce tissu réagit aux cycles hormonaux, provoquant inflammation, douleurs parfois invalidantes et lésions. La maladie touche environ une femme sur dix en âge de procréer, ce qui en fait l’une des pathologies gynécologiques les plus répandues.
Les chiffres sur le risque cardiovasculaire ont de quoi interpeller. Une méta-analyse rassemblant les données de plus de 500 000 femmes a mis en évidence une augmentation d’environ 20 % du risque d’accident vasculaire cérébral et d’environ 40 % du risque de maladie coronarienne chez les femmes atteintes. D’autres travaux, menés sur de larges cohortes, retrouvent des hausses notables du risque d’infarctus et d’angine de poitrine. Les ordres de grandeur varient d’une étude à l’autre, mais la tendance est constante.
Comment expliquer ce lien ? Le principal suspect est l’inflammation chronique entretenue par la maladie. Cette inflammation de bas grade, présente sur le long terme, est connue pour favoriser l’athérosclérose, c’est-à-dire l’encrassement progressif des artères, terrain des AVC et des infarctus. S’ajoutent parfois d’autres facteurs, comme certains traitements hormonaux ou des chirurgies, qui peuvent jouer à la marge.
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Faut-il s’alarmer pour autant ? Non, et c’est important de le dire. Un surrisque relatif de 20 ou 40 % ne signifie pas que la majorité des femmes concernées feront un accident cardiovasculaire. Le risque de base reste modéré, surtout avant la ménopause. Le bon réflexe n’est pas l’inquiétude, mais la vigilance.
Concrètement, cela veut dire ne pas négliger les facteurs de risque classiques quand on vit avec une endométriose. Surveiller sa tension artérielle, son cholestérol et sa glycémie, ne pas fumer, garder une activité physique régulière et une alimentation équilibrée. Autant de leviers qui réduisent le risque cardiovasculaire global, indépendamment de la maladie.
Ce lien souligne surtout que l’endométriose n’est pas qu’une affaire de douleurs et de règles. C’est une maladie inflammatoire systémique, qui mérite un suivi global et pas seulement gynécologique. Si vous êtes concernée, parlez-en à votre médecin, qui pourra adapter votre suivi et, si besoin, évaluer votre risque cardiovasculaire. Mieux informée, on agit plus tôt, et c’est tout l’enjeu.
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