On a tous fait ce geste un jour. Pincer le nez, serrer les lèvres, et étouffer l’éternuement qui montait, histoire de rester discret en pleine réunion ou dans un cinéma silencieux. Sauf que cette petite politesse est tout sauf anodine pour votre corps.
Un éternuement, ce n’est pas qu’un bruit gênant. C’est une expulsion d’air à très grande vitesse, conçue par votre organisme pour évacuer poussières, virus et autres intrus logés dans vos voies respiratoires. Quand vous le bloquez, toute cette pression doit bien aller quelque part.
Et le quelque part en question, ce sont vos trompes d’Eustache, ces petits conduits qui relient la gorge à l’oreille moyenne. L’air remonte, la pression grimpe d’un coup, et votre tympan se retrouve en première ligne.
Dans les cas les plus sérieux, ça va jusqu’à la rupture du tympan. Parfois même une atteinte des structures fragiles de l’oreille interne, avec à la clé une perte d’audition qui peut rester définitive. Pour un éternuement retenu par souci de discrétion, le prix est franchement salé.
La gorge n’est pas épargnée non plus. Un cas médical documenté a fait le tour du monde : un Britannique de 34 ans s’est littéralement déchiré le pharynx en se retenant. Nez pincé, bouche fermée, il a ressenti un claquement dans le cou, qui a ensuite gonflé. Direction l’hôpital, et plusieurs jours sous surveillance.
Plus rare mais plus grave encore, ce pic de pression peut fragiliser des vaisseaux sanguins, y compris dans le cerveau. Chez une personne porteuse d’un anévrisme qui s’ignore, ce changement brutal de pression intracrânienne pourrait suffire à provoquer une rupture. On parle là de scénarios exceptionnels, mais ils existent.
Alors oui, un éternuement projette des gouttelettes, et en période de rhume ou d’épidémie, ce n’est pas l’idéal pour l’entourage. Mais la solution n’est pas de tout retenir.
Le bon réflexe tient en deux gestes simples. Vous éternuez dans le pli de votre coude, pas dans vos mains, pour ne pas semer vos microbes sur la première poignée de porte. Ou alors dans un mouchoir, que vous jetez aussitôt.
L’idée, c’est de laisser l’air sortir. Garder la bouche entrouverte au moment de l’éternuement permet justement de relâcher la pression au lieu de la renvoyer vers vos oreilles.
Bref, votre corps sait ce qu’il fait. Cet éternuement, il a une vraie raison d’être, et le contrarier pour quelques secondes de calme apparent n’en vaut clairement pas le risque.
La prochaine fois que ça vous chatouille le nez en plein silence, lâchez prise. Un bon mouchoir, le coude au pire, et c’est réglé. Vos tympans vous diront merci.
Crédit photo : DR
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