On la croise en magasin bio, dans un bocal posé à côté du quinoa, et neuf fois sur dix on passe devant sans la voir. L’amarante mérite mieux que ça.
Ce sont de minuscules graines, à peine plus grosses qu’une tête d’épingle, qui ne sont même pas une vraie céréale. On parle de pseudo-céréale, comme le quinoa ou le sarrasin : la plante n’appartient pas à la famille des blés, ce qui explique au passage qu’elle soit totalement dépourvue de gluten. Pratique si vous y êtes intolérant.
Là où elle devient vraiment intéressante, c’est côté protéines. Environ 13 grammes pour 100 grammes de graines, soit un peu plus que le blé ou le millet. Mais le chiffre compte moins que la qualité. La plupart des céréales manquent de lysine, un acide aminé essentiel que le corps ne sait pas fabriquer tout seul. L’amarante, elle, en contient une belle dose. Du coup elle fournit d’un seul coup tous les acides aminés essentiels, ce qu’on appelle une protéine complète. C’est rare chez les végétaux, et ça vaut le détour quand on mange peu ou pas de viande.
Elle est aussi bien pourvue en fer, en magnésium et en manganèse, avec une bonne quantité de fibres. Rien de miraculeux, mais un vrai coup de pouce pour densifier une assiette végétale sans se compliquer la vie.
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Côté cuisine, ça se corse un peu. Rincez les graines, versez-les dans environ trois fois leur volume d’eau, et laissez frémir à couvert. Comptez vingt bonnes minutes, parfois plus, jusqu’à une texture un peu gélatineuse, entre le porridge et la bouillie. Certains adorent, d’autres beaucoup moins. Le truc qui met tout le monde d’accord, c’est de la faire éclater à sec dans une poêle très chaude : les graines pètent comme un micro pop-corn, et vous les saupoudrez ensuite sur une salade ou dans un yaourt.
Petit détail qui ne gâche rien. Les Aztèques la cultivaient déjà il y a des siècles, au point que les conquistadors espagnols avaient fini par l’interdire, agacés par son rôle dans les rituels. Elle a traversé tout ça pour finir dans votre bocal.
Alors non, l’amarante ne remplacera pas le riz du jeudi soir. Mais glissée de temps en temps dans vos menus, surtout si vous levez le pied sur la viande, elle a de sérieux arguments. Et en cas de régime particulier ou de doute, un professionnel de santé reste le bon interlocuteur.
Crédit photo : Illustration générée par IA

