Il existe un fruit qu’on affiche sur les panneaux d’interdiction des rames du métro de Singapour, juste à côté de la cigarette et du chewing-gum. C’est le durian, une grosse boule hérissée d’épines qui pousse en Asie du Sud-Est. Son odeur est si tenace qu’elle peut vider un wagon en quelques secondes. Certains y trouvent des notes d’oignon cuit, d’autres parlent carrément d’égout. Passé ce premier choc, la chair est douce, crémeuse, un peu comme une crème pâtissière relevée à l’ail.
Côté nutrition, le durian n’a rien d’un fruit ordinaire. Là où une pomme ou une orange tournent autour de 50 calories aux 100 grammes, lui grimpe à environ 147. Presque trois fois plus. Et surtout il contient à peu près 5 grammes de matières grasses aux 100 grammes, ce qui est rarissime pour un fruit, la plupart n’en ayant quasiment pas.
Ça ne veut pas dire qu’il faut le fuir, au contraire. Ces graisses sont surtout des acides gras insaturés, ceux-là mêmes qu’on trouve dans l’avocat. Le durian apporte aussi une belle dose de potassium, autour de 435 milligrammes aux 100 grammes, un minéral utile pour la tension et les muscles. Côté vitamine C, une portion couvre déjà une bonne partie des besoins d’une journée, et ses fibres, près de 4 grammes, donnent un coup de main au transit.
Pas de marché asiatique près de chez vous ? Le durian lyophilisé donne un avant-goût de sa chair crémeuse, sans l’odeur qui vide un wagon.
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Reste que cette richesse a un revers. Vu la densité calorique, mieux vaut le voir comme une gourmandise que comme un en-cas qu’on enchaîne sans compter. Une ou deux tranches suffisent largement. Les personnes qui surveillent leur glycémie feront attention aussi, parce que c’est un fruit plutôt sucré.
Un dernier point, et pas des moindres. En Asie, une croyance très répandue déconseille de boire de l’alcool en même temps qu’on mange du durian. Ce n’est pas qu’une histoire de grand-mère. Des travaux ont montré que le fruit pouvait gêner l’enzyme chargée de dégrader l’alcool, d’où de gros maux de tête et une digestion pénible. Dans le doute, on évite le mélange.
Si vous tombez dessus sur un marché asiatique, lancez-vous. Il se vend souvent déjà découpé, parfois surgelé, ce qui adoucit un peu l’odeur. Et en cas de question de santé particulière, l’avis d’un professionnel reste toujours plus sûr qu’un billet de blog.
Crédit photo : Illustration générée par IA

