Le fartlek, c'est un mot suédois qui veut dire « jeu de vitesse », et le principe tient à cette idée de jeu. Vous courez tranquillement, puis d'un coup vous accélérez jusqu'au prochain lampadaire, au banc, au carrefour. Vous ralentissez, vous récupérez en trottinant, et vous repartez quand l'envie revient. Pas de chrono qui dicte la séance, pas de piste, pas de plan millimétré. Juste votre terrain habituel et vos sensations.
L'idée vient d'un entraîneur suédois, Gösta Holmér, à la fin des années 1930. Il cherchait une façon de muscler l'endurance de ses coureurs sans les enfermer dans les séances d'intervalles très carrées. D'où ce mélange un peu bâtard entre la course continue et le fractionné, où c'est vous qui décidez du rythme.
Ce qui est bien avec cette méthode, c'est qu'elle fait travailler deux choses à la fois. Les phases lentes entretiennent le fond, la capacité à tenir longtemps. Les accélérations, elles, vont taper dans la filière plus intense, celle qui vous essouffle et qui fait progresser la vitesse. En une seule sortie, vous touchez aux deux, sans avoir à calculer quoi que ce soit.
Et puis il y a le côté anti-ennui, qui n'est pas rien. Toujours courir à la même allure, ça finit par lasser et par stagner. Le fartlek casse cette routine. Vous transformez un trottoir, une forêt ou un bord de rivière en terrain de jeu, et la séance passe beaucoup plus vite dans la tête.
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Côté précautions, rien de sorcier, mais deux ou trois choses à garder en tête. Échauffez-vous dix bonnes minutes avant de balancer la première accélération, un muscle froid se claque vite. Gardez des accélérations courtes au début, trente secondes à une minute, sinon vous finissez cramé au bout de deux répétitions. Et espacez ces sorties un peu intenses, deux fois par semaine grand maximum si vous débutez, le corps a besoin de digérer l'effort.
Le fartlek s'adapte à tous les niveaux, du joggeur du dimanche au coureur plus aguerri. Pas besoin de matériel, pas besoin d'appli. Un débutant peut très bien accélérer entre deux arbres pendant que le plus entraîné enchaîne des bosses.
Si vous avez un souci cardiaque ou que vous reprenez après une longue pause, un avis médical avant de jouer avec l'intensité reste la base. Sinon, la prochaine fois que vous sortez courir, choisissez un repère devant vous et foncez. Vous verrez, ça réveille.
Crédit photo : Illustration générée par IA




