Vous montez trois mouvements, vous redescendez, et le lendemain vous avez mal aux avant-bras, au dos, aux mollets et à des muscles dont vous ignoriez l’existence. C’est à peu près ça, l’escalade de bloc.
Le principe est bête comme chou. Des murs de quatre mètres maximum, de gros tapis au sol, pas de corde, pas de baudrier, pas besoin d’un partenaire. Vous arrivez, vous chaussez des chaussons, vous grimpez. C’est probablement l’un des sports les plus simples à commencer seul, ce qui n’est pas rien quand on sait combien de bonnes résolutions sportives meurent faute de binôme disponible le mardi soir.
Ce qui surprend au début, c’est le nombre de muscles mobilisés. On imagine un truc de bras. En pratique, ce sont les jambes qui poussent, le dos et les épaules qui tirent, et toute la sangle abdominale qui bosse en continu pour vous garder collé au mur. Les avant-bras finissent en feu, bien sûr, mais le reste travaille tout autant. Côté dépense d’énergie, une séance soutenue vous place dans les mêmes eaux qu’une bonne heure de course à pied, avec de grosses variations selon votre niveau et votre acharnement.
Il y a aussi le côté tête. Un bloc, c’est un problème à résoudre. On regarde, on essaie, on tombe, on recommence en déplaçant un pied de dix centimètres. Pendant ce temps, le cerveau ne pense strictement à rien d’autre, ce qui explique pourquoi tant de grimpeurs décrivent leur séance comme un sas de décompression après le boulot. Difficile de ruminer sa réunion de quinze heures quand on est en équilibre sur un centimètre de résine.
Si vous accrochez après deux ou trois séances, les chaussons de location finissent vite par vous sortir par les yeux. La Tarantula reste la valeur sûre des débutants.
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Sauf que voilà, il y a un piège, et il tient dans vos doigts. Les tendons qui plient vos phalanges glissent dans de petits anneaux fibreux, les poulies. Les muscles, eux, progressent vite. Les tendons et les poulies, beaucoup plus lentement. Du coup le débutant motivé qui enchaîne quatre séances par semaine se retrouve avec une inflammation, parfois pire, la rupture de poulie se signalant par un claquement sec et un doigt qui n’a soudain plus aucune force.
Deux ou trois séances hebdomadaires les premiers mois, ça suffit largement. Échauffez-vous vraiment, dix minutes, doigts et épaules compris, avant de toucher la moindre prise sévère. Évitez les prises à un ou deux doigts, très traumatisantes. Et si une douleur articulaire s’installe au lieu de s’effacer en deux jours, arrêtez et allez voir un professionnel de santé plutôt que de serrer les dents.
Le reste, c’est du plaisir. Et beaucoup de courbatures.
Crédit photo : Illustration générée par IA

