C'est un fruit rouge orangé, de la taille d'une grosse cerise, avec une peau granuleuse couverte de petits picots mous. On le ramasse sur l'arbousier, un arbuste méditerranéen qu'on appelle aussi l'arbre à fraises, parce que de loin ses fruits y ressemblent un peu. La saison tombe à contretemps de tout le reste : l'arbouse mûrit entre octobre et décembre, au moment où les étals de fruits d'été ont disparu et où il ne reste plus grand-chose de frais à grappiller dehors.

Le goût surprend ceux qui s'attendent à une vraie fraise. C'est doux, légèrement sucré, un peu farineux sous la dent, avec une pointe d'acidulé. Rien d'explosif, mais quelque chose de reposant. Et côté intérêt nutritionnel, le fruit joue bien au-dessus de son apparence modeste.

Son gros argument, c'est la vitamine C. L'arbouse en contient une quantité remarquable, de quoi la ranger sans exagérer dans la catégorie des petits fruits intéressants de l'automne. Elle apporte aussi des antioxydants, ces polyphénols qui aident à protéger le système cardiovasculaire, et de la pectine, une fibre qui donne un coup de pouce au transit. Pour un fruit qu'on croise rarement en supermarché, ça fait un joli bilan.

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Pas d'arbousier près de chez vous ? La gelée fait très bien l'affaire pour goûter ce parfum d'automne.

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Tout se mange, y compris la peau. On la croque telle quelle quand elle est bien mûre, c'est-à-dire quand elle cède doucement sous les doigts. Trop ferme, elle reste fade et un peu pâteuse. Les Romains l'avaient d'ailleurs remarqué : son nom latin, Arbutus unedo, signifierait à peu près « j'en mange une seule », comme si personne n'avait envie de se resservir. Un peu sévère, mais ça dit bien qu'on ne la dévore pas par poignées.

Le mieux reste souvent de la cuisiner. En compote, seule ou mariée à de la pomme, elle se tient très bien, et la cuisson lisse ce côté granuleux qui déroute. On en fait aussi des confitures et des gelées de belle couleur.

Un dernier point pratique : l'arbouse bien mûre fermente vite et se garde très peu de temps. Ramassez-la à point, consommez-la dans la foulée ou passez-la en casserole. Et si vous en mangez beaucoup d'un coup, sa richesse en fibres peut chahuter un ventre sensible, donc on y va tranquillement. Pour le reste, c'est un fruit d'automne qui mérite vraiment qu'on s'arrête dessus.

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