Sentier de sous-bois baigné de rayons de soleil dans une forêt de feuillus
santé

Une heure sous les arbres et votre cortisol redescend de 12 %

Vous connaissez sans doute cette sensation un peu bête d’aller mieux après une balade en forêt. Les Japonais en ont fait une pratique, le shinrin-yoku, littéralement le bain de forêt. Le mot a été inventé en 1982 par l’agence nationale des forêts, avec une idée très terre à terre derrière la tête : offrir un exutoire à des citadins épuisés et redonner un rôle social aux immenses forêts du pays. Chez nous, on appelle ça la sylvothérapie.

Le principe tient en une phrase. On marche lentement dans un bois, sans objectif de performance, sans compteur de pas, en laissant les sens travailler. On regarde la lumière filtrer, on écoute, on respire à fond l’odeur de sous-bois. Rien de mystique là-dedans, aucune obligation d’enlacer un tronc si l’idée vous met mal à l’aise.

Ce qui est intéressant, c’est que la mesure suit. Une étude sur 74 participants a montré que près de sept personnes sur dix voyaient leur taux de cortisol, l’hormone du stress, baisser après une marche en forêt. La même balade en pleine ville ne produisait rien de significatif. D’autres travaux parlent d’une chute d’environ 12 % du cortisol, avec une tension artérielle et une fréquence cardiaque qui redescendent elles aussi.

Shinrin Yoku, l'art et la science du bain de foret (Dr Qing Li)

Pour aller plus loin que la balade, le medecin japonais Qing Li detaille la pratique et ce que dit la science :

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L’explication la plus souvent avancée tient aux molécules que dégagent les arbres, des composés qu’on appelle les phytoncides. En gros, ce sont des substances volatiles que les végétaux libèrent pour se défendre, et qu’on respire sans y penser. Le nez et le système nerveux feraient le reste. Il faut rester honnête là-dessus : les études existent, mais elles portent souvent sur de petits groupes, et la science reste prudente sur l’ampleur réelle de l’effet.

Autant le dire, la sylvothérapie ne remplace ni un traitement ni un suivi médical. Si vous traversez une vraie période d’anxiété ou de déprime, parlez-en à un professionnel de santé plutôt que de compter uniquement sur les pins.

Reste que la pratique ne coûte rien et ne présente aucun risque. Pas besoin de forêt primaire japonaise, un parc arboré ou un bois près de chez vous suffisent largement. Vingt minutes à une heure, deux ou trois fois par semaine si vous le pouvez, téléphone rangé au fond de la poche. Le pire qui puisse vous arriver, c’est une paire de chaussures un peu boueuses et une tête reposée.

Crédit photo : Illustration générée par IA

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