On la prend souvent pour une patate douce un peu pâle, et c’est une erreur. L’igname est un gros tubercule tropical de la famille des Dioscorea, cultivé en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes, alors que la patate douce appartient à une tout autre famille botanique. Rien à voir, donc, même si elles finissent côte à côte sur l’étal. La chair de l’igname est plus claire, plus farineuse, le goût plus neutre, presque celui d’une pomme de terre un peu sucrée.
Son vrai atout, c’est le potassium. Comptez autour de 800 milligrammes pour cent grammes de chair, soit quasiment le double d’une banane à poids égal. Le potassium participe à l’équilibre de la tension et au bon fonctionnement du cœur et des muscles, ce qui fait de l’igname un allié discret quand on surveille son alimentation. Rien de miraculeux non plus : c’est un aliment, pas un médicament.
Côté énergie, on est sur du glucide complexe. L’igname est très riche en amidon, plus de 70 % de sa matière sèche, et cet amidon se digère lentement. Vous tenez plus longtemps qu’avec un sucre rapide, sans le coup de barre qui suit. Ajoutez à ça environ quatre grammes de fibres aux cent grammes, des fibres qui servent de nourriture aux bonnes bactéries de l’intestin. Du coup, c’est un féculent plutôt rassasiant, intéressant si vous cherchez à caler la faim sans multiplier les portions.
Envie de goûter l’igname autrement qu’en morceaux ? En farine, elle se transforme en purée épaisse ou en foutou maison.
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Un point mérite toute votre attention : l’igname ne se mange jamais crue. Elle contient des substances qui la rendent indigeste, voire irritante, tant qu’elle n’a pas été bien cuite. La règle est simple, cuisson complète et sans compromis. Épluchez-la, coupez-la en morceaux, puis plongez-la une vingtaine de minutes dans l’eau bouillante, ou faites-la rôtir au four. Sa neutralité la rend facile à cuisiner, en purée, en frites, en gratin ou glissée dans un curry.
Dernière chose, et c’est du bon sens. Le potassium est un bienfait pour la plupart d’entre nous, mais si vous souffrez d’un problème rénal ou suivez un régime particulier, il vaut mieux en parler à un professionnel de santé avant d’en faire un pilier de vos repas. Pour tous les autres, c’est surtout l’occasion de changer de féculent et d’arrêter de la confondre avec sa cousine orange.
Crédit photo : Illustration générée par IA

