Oubliez l’image de la personne qui enchaîne les relevés de buste en soufflant comme un bœuf. La gymnastique hypopressive, c’est presque le contraire. On ne contracte pas en forçant, on travaille en apnée, poumons vidés, et c’est justement ce vide qui fait tout le boulot.
Le principe a été mis au point dans les années 1980 par le kinésithérapeute Marcel Caufriez, au départ pour la rééducation après l’accouchement. L’idée tient en une manœuvre un peu étrange la première fois : vous expirez tout l’air, vous retenez votre souffle, puis vous ouvrez la cage thoracique comme si vous vouliez inspirer, sans laisser entrer d’air. Le diaphragme remonte, une aspiration se crée dans le ventre, et deux muscles profonds se contractent tout seuls, par réflexe.
Ces deux muscles, ce sont le transverse, la sangle qui ceinture le ventre bien plus profondément que les tablettes de chocolat, et le plancher pelvien, le fameux périnée. C’est là que ça devient intéressant. Un crunch classique pousse vers le bas et augmente la pression sur le périnée. L’hypopressif fait l’inverse, il réduit la pression dans l’abdomen et aspire tout vers le haut.
Pour muscler le ventre sans écraser le périnée, le livre du Dr Bernadette de Gasquet reste une référence.
Abdominaux : arrêtez le massacre ! → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Du coup, la méthode est très utilisée après un accouchement et chez les gens qui ont un périnée fragilisé, avec des petites fuites urinaires à l’effort ou en toussant. Plusieurs kinés la conseillent aussi contre le ventre qui pousse en avant et pour retrouver une posture plus droite. Sur le plan esthétique, ça resserre la taille sans gonfler les abdos, ce qui explique en bonne partie sa popularité.
Attention quand même, ce n’est pas une pratique à improviser dans son salon devant une vidéo. La respiration demande d’être apprise correctement, sinon vous ne sollicitez pas grand-chose. Et les apnées répétées sont déconseillées en cas d’hypertension, pendant la grossesse ou juste après, tant que le feu vert médical n’est pas donné. Quelques séances avec un kiné ou un coach formé valent mieux qu’un mois de tâtonnements.
On est loin de la séance d’abdos qui brûle. Ici c’est lent, posé, presque méditatif, et il faut compter plusieurs semaines de pratique régulière avant de sentir une vraie différence. Mais pour une sangle abdominale qui tient sans maltraiter le périnée, ça vaut le détour. En cas de doute, demandez toujours conseil à un professionnel de santé.
Crédit photo : Illustration générée par IA

