Courir plus lentement pour tenir plus longtemps. L’idée paraît absurde quand on associe la course à l’effort qui brûle les cuisses, et pourtant c’est tout le principe du slow jogging. On trottine à une allure si tranquille qu’on pourrait bavarder sans s’essouffler. Parfois à peine plus vite qu’un marcheur pressé, autour de quatre à six kilomètres-heure.
La méthode vient du Japon. Un physiologiste du sport, Hiroaki Tanaka, l’a formalisée sous le nom de niko niko, ce qui veut dire quelque chose comme l’allure du sourire. La règle tient en une image. Si vous pouvez garder le sourire du début à la fin de la sortie, vous courez à la bonne vitesse. Dès que ça force, dès que le souffle se coupe, vous êtes allé trop vite.
Le geste compte autant que le rythme. On vise des petits pas rapides, très nombreux, environ cent quatre-vingts par minute, et on pose le pied sur l’avant plutôt que de l’enfoncer par le talon. Ça amortit, ça secoue beaucoup moins les genoux et les chevilles. Du coup, la foulée reste souple même sur plusieurs kilomètres, là où une course classique vous casserait en vingt minutes.
Le vrai intérêt, c’est qu’on peut s’y mettre sans être sportif. Pas besoin de condition particulière, pas de matériel à part une paire de chaussures correctes. On y va à son allure, on s’arrête quand on veut, on recommence le lendemain. L’activité régulière à ce rythme doux fait travailler le cœur en douceur et entretient l’endurance sans l’épuisement qui décourage la plupart des débutants.
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Quelques réserves quand même. Courir reste un sport porté, donc si vous avez des problèmes articulaires connus, un surpoids important ou un souci cardiaque, un avis médical avant de commencer n’a rien de superflu. Et l’avant-pied qui amortit ne protège de rien si les chaussures sont fatiguées ou mal adaptées.
Le piège le plus courant, c’est d’aller trop vite sans s’en rendre compte. L’ego pousse à accélérer dès qu’on croise quelqu’un. Le test du sourire, ou de la phrase qu’on arrive à finir sans haleter, reste le meilleur garde-fou.
Bref, c’est une façon d’entrer dans la course par la petite porte, celle où l’on prend plaisir avant de chercher la performance. Et honnêtement, pour quelqu’un qui a toujours détesté courir, c’est souvent la seule qui tient dans le temps.
Crédit photo : Illustration générée par IA

